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Mise à jour : 18 mai 2026
L’UNICEF intensifie son aide d’urgence en réponse à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda. Il s’agit d’une souche spécifique du virus, la variante Bundibugyo, pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement approuvé. L'OMS a qualifié la situation d’urgence de santé publique de portée internationale.
À ce jour, 246 personnes ont été infectées, avec 80 décès probables dans la province de l’Ituri, à l’est de la RDC. En Ouganda, deux cas ont également été confirmés, dont un décès.
La situation est particulièrement préoccupante en raison de l’insécurité, des difficultés d’accès aux zones touchées et de la forte mobilité des populations, autant de facteurs qui favorisent une propagation rapide du virus. Les enfants sont particulièrement à risque : non seulement face au risque de contamination, mais aussi en raison de la perte de leurs parents, de l’interruption des services essentiels et des conséquences psychosociales.
L’UNICEF soutient les enfants et les familles :
- Nous acheminons en urgence du matériel d’hygiène et de protection vers les zones touchées, notamment du savon, des désinfectants et des comprimés de purification d’eau ;
- Nous déployons des expert·es supplémentaires en aide humanitaire afin de renforcer les services de santé et les équipes locales ;
- Nous sensibilisons les familles aux gestes de prévention et aux moyens de protéger efficacement leurs enfants.
Recrudescence de la violence
Rien qu’en décembre 2025, près de 90.790 demandeur·euses d’asile ont fui le Sud-Kivu pour se réfugier au Burundi. La majorité est concentrée sur le site de Busuma, dans la commune de Ruyigi, déjà saturé et mal équipé pour faire face à cet afflux. Les conditions y sont alarmantes : abris insuffisants, manque de vêtements chauds et d’eau… Une situation qui expose les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées à de graves risques d’hypothermie, d’infections respiratoires et de malnutrition.
Cette crise s’ajoute à un contexte humanitaire déjà tendu, marqué par l’arrivée de 36.000 réfugié·es en février, le retour attendu de 100.000 Burundais·es depuis la Tanzanie, ainsi que les impacts des récentes inondations sur les communautés hôtes. L'extension des groupes armés M23 dans le Nord et le Sud-Kivu, ainsi que les intenses combats en Ituri, ont entraîné une grave détérioration de la situation, provoquant des déplacements massifs de population. Les dommages causés aux établissements de santé et la fermeture de certains hôpitaux ont d'ailleurs fortement perturbé les soins essentiels, tandis que le nombre de blessé·es lié au conflit augmente fortement, submergeant les services de santé.
Des campagnes de recrutement de masse, menées par les parties au conflit et ciblant les jeunes, accroissent considérablement le risque d'enlèvement et d'enrôlement des enfants. Sans compter que la RDC enregistre déjà l'un des plus grands nombres de cas vérifiés de recrutement d'enfants dans le cadre d'un conflit depuis le début du recensement mondial des données en 2005.
Propagation des maladies
Dans la province du Sud-Kivu, le système de santé est complètement saturé : les hôpitaux sont débordés, tandis que des pénuries de médicaments et d’équipements se font ressentir. Quinze centres de santé ont été presque totalement détruits et des épidémies de choléra, de rougeole et de mpox (variole du singe) frappent les populations, exacerbées par des conditions sanitaires déplorables.
En 2025, la RDC est confrontée à la plus grave épidémie de choléra depuis 25 ans. À la mi-décembre, 17 des 26 provinces sont touchées (dont Kinshasa), plus de 71.000 cas ont été signalés (dont 14.818 enfants) et l'épidémie a déjà fait plus de 2.000 victimes. Dans des régions telles que Kinshasa, où la population a été peu exposée au choléra par le passé, le faible niveau de sensibilisation à la maladie et les retards dans la recherche de soins contribuent à des taux de mortalité élevés.
La crise est également aggravée par des facteurs structurels et environnementaux : l'accès limité à l'eau et à l'assainissement continue de favoriser la propagation du choléra. Selon l'enquête démographique et sanitaire (EDS), seuls 15 % de la population ont accès à ces services de base. Les conflits persistants, les déplacements de population, l'insécurité dans l'est du pays et les catastrophes climatiques telles que les fortes pluies et les inondations aggravent également la situation.
En réponse à cette épidémie, le gouvernement a lancé l'initiative 'River Congo without cholera' (Le fleuve Congo sans choléra), qui vise à améliorer les mesures de contrôle du choléra dans les ports, à mettre en œuvre des plans sanitaires pour les bateaux, à sensibiliser les équipages et les passager·ères et à améliorer l'accès à l'eau potable le long du fleuve.
Violences sexuelles en hausse
Un récent rapport publié par l’UNICEF, que vous pouvez télécharger dans cet article, atteste qu’en RDC la violence sexuelle contre les enfants est endémique, systémique et en aggravation.
Bien que le conflit reste un facteur majeur, les cas sont documentés dans des communautés de toutes les provinces et ont fortement augmenté depuis 2022. Les données indiquent que plus de 35.000 cas de violences sexuelles contre des enfants ont été enregistrés au cours des neuf premiers mois de 2025, révélant une crise qui ne cesse de s’intensifier.
En 2024, près de 45.000 cas ont été recensés, représentant près de 40 % de l’ensemble des violences sexuelles signalées, soit trois fois plus qu’en 2022. À noter que le chiffre réel est probablement bien supérieur en raison de la sous-déclaration liée à la peur, à la stigmatisation, à l’insécurité et au manque d’accès aux services.
La majorité des cas se concentre dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, où le conflit, les déplacements et l’effondrement des systèmes de protection accroissent les risques, mais des chiffres significatifs sont également observés à Kinshasa et dans le Kasaï, où la pauvreté, l’insécurité alimentaire et l’abandon scolaire augmentent le risque d’exposition (plus particulièrement) des filles à l’exploitation et au mariage précoce.
Entre 2022 et 2024, le nombre d’enfants aidé·es par l’UNICEF a augmenté de 143 %, atteignant plus de 24.200 enfants dans les provinces les plus touchées en 2024. L’insécurité et la baisse des financements mondiaux ont cependant contraint de nombreux espaces sûrs, cliniques mobiles et programmes communautaires à réduire leurs activités ou à fermer. À la mi-2025, seulement 23 % des interventions contre les violences basées sur le genre étaient financées, contre 48 % en 2022, mettant en danger des centaines de milliers d’enfants, dont 300.000 dans les régions orientales affectées par le conflit.
Impact sur l’éducation
Dans ces régions, l'éducation a également été gravement affectée. On estime à 391.015 le nombre d'élèves qui ne sont actuellement pas scolarisé·es, tandis que 15,4 % des écoles restent fermées en raison du conflit. Rien qu’à Bukavu, 19 écoles se sont transformées en refuges temporaires pour les familles déplacées. Ce qui met en évidence le besoin urgent de solutions alternatives pour soutenir l'éducation, mais aussi les besoins humanitaires.
L'UNICEF et ses partenaires travaillent dans le Sud-Kivu pour rouvrir les écoles, plaident pour le déminage et évaluent les infrastructures endommagées pour une réhabilitation rapide. Jean François Basse, représentant d’UNICEF RDC, a visité la région début mars 2025 et a témoigné de la situation désastreuse pour les enfants : « J'ai rencontré des enfants non accompagné·es qui ont tout perdu. Leur détresse est immense. Chaque jour sans une aide humanitaire renforcée, leur souffrance s'aggrave. »
Ce que fait l'UNICEF sur place
- Nous réunissons les enfants non accompagné·es avec leurs familles et leur apportons un soutien psychosocial à travers des espaces d’écoute dédiés ;
- 700.000 personnes, dont 364.000 enfants, ont quotidiennement accès à de l’eau potable ;
- Au Sud-Kivu, des stations de traitement de l’eau permettent de fournir une eau sûre en quantité suffisante ;
- Nous contribuons également à la lutte contre le choléra et le mpox en apportant des soins médicaux, une aide nutritionnelle et un soutien psychosocial ;
L'UNICEF appelle à une meilleure protection des populations civiles et à un accès renforcé de l’aide humanitaire.
Vous souhaitez en apprendre davantage sur les crises humanitaires et leur lien étroit avec les droits de l'enfant ?
Écoutez le troisième épisode de notre podcast « Parlons-en ! »