RDC : Le virus Ebola
s'ajoute à la hausse
de la violence

La situation humanitaire en République démocratique du Congo se détériore de jour en jour en raison de l'escalade du conflit. À cela s'ajoute l'apparition d'un nouveau variant du virus Ebola, avec déjà 1.000 personnes infectées et 183 décès. En réponse à cette situation critique, l'UNICEF et ses partenaires intensifient l'aide vitale pour les familles de la région.

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  • Conflit armé
Actualité 5 juin 2026

Épidémie d’Ebola : le nombre de décès continue d’augmenter

Mise à jour : 23 juin 2026

L’UNICEF renforce son aide humanitaire face à l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda. À ce jour, plus de 1.000 personnes ont contracté la souche Bundibugyo du virus. En l’absence de vaccin ou de traitement homologué contre cette variante, la propagation de la maladie représente un défi majeur pour la santé publique.

Dans l’est de la RDC, environ 2,95 millions d’enfants et d’adolescent·es sont exposé·es au risque d’infection, tout en étant confronté·es à la perturbation de nombreux services de santé et autres services essentiels. Bien que la situation continue d’évoluer, il apparaît déjà que cette tranche de la population est touchée de manière disproportionnée : les enfants et adolescent·es représentent environ 15 % des cas confirmés et plus d’un quart des décès. En Ouganda, 20 infections et près de deux décès ont été recensés à ce jour.

Les enfants et adolescent·es infecté·es par le virus ont par ailleurs presque deux fois plus de risques de mourir que les adultes. Cela souligne la nécessité urgente de placer les enfants au cœur de la réponse humanitaire.
 

L'impact sur les enfants

Les enfants et les adolescent·es ne subissent pas uniquement les effets directs du virus. L’épidémie bouleverse également leur quotidien et compromet leur accès à des services essentiels. Des écoles ferment leurs portes, les programmes de santé et de nutrition sont fortement sollicités et certain·es perdent leurs parents ou leurs tuteur·rices.

La peur et la stigmatisation contribuent par ailleurs à l’isolement social des jeunes touché·es, avec d’importantes répercussions psychosociales. Cette situation est d’autant plus préoccupante que beaucoup se trouvaient déjà dans une grande situation de vulnérabilité en raison de la malnutrition, d’une couverture vaccinale insuffisante et d’un accès limité aux soins de santé. De plus, les premiers symptômes d’Ebola sont similaires à ceux de maladies fréquentes telles que la malaria, ce qui complique le diagnostic précoce.

En Ituri, 135 enfants ayant perdu des proches à cause de l’épidémie bénéficient d’un accompagnement psychologique pour les aider à surmonter cette épreuve. Par ailleurs, un premier centre d’accueil a été mis en place pour les nourrissons et les jeunes enfants temporairement séparé·es de leurs parents ou tuteur·rices.

L’UNICEF a déjà acheminé une première cargaison d’aide d’urgence en RDC, comprenant :

  • Plus de 150 tonnes de fournitures essentielles, notamment des équipements de protection destinés au personnel de santé, des produits de désinfection et des solutions garantissant l’accès à l’eau potable ;
  • Le déploiement d’équipes spécialisées chargées du dépistage, de la prévention et du contrôle des infections, ainsi que de la sensibilisation des communautés afin de freiner la propagation du virus ;
  • Un renforcement de l’aide apportée aux enfants, à travers l’accès aux soins de santé et à un accompagnement psychosocial adapté.
     

Recrudescence de la violence

Rien qu’en décembre 2025, près de 90.790 demandeur·euses d’asile ont fui le Sud-Kivu pour se réfugier au Burundi. La majorité est concentrée sur le site de Busuma, dans la commune de Ruyigi, déjà saturé et mal équipé pour faire face à cet afflux. Les conditions y sont alarmantes : abris insuffisants, manque de vêtements chauds et d’eau… Une situation qui expose les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées à de graves risques d’hypothermie, d’infections respiratoires et de malnutrition.

Cette crise s’ajoute à un contexte humanitaire déjà tendu, marqué par l’arrivée de 36.000 réfugié·es en février, le retour attendu de 100.000 Burundais·es depuis la Tanzanie, ainsi que les impacts des récentes inondations sur les communautés hôtes. L'extension des groupes armés M23 dans le Nord et le Sud-Kivu, ainsi que les intenses combats en Ituri, ont entraîné une grave détérioration de la situation, provoquant des déplacements massifs de population.  Les dommages causés aux établissements de santé et la fermeture de certains hôpitaux ont d'ailleurs fortement perturbé les soins essentiels, tandis que le nombre de blessé·es lié au conflit augmente fortement, submergeant les services de santé.

Des campagnes de recrutement de masse, menées par les parties au conflit et ciblant les jeunes, accroissent considérablement le risque d'enlèvement et d'enrôlement des enfants. Sans compter que la RDC enregistre déjà l'un des plus grands nombres de cas vérifiés de recrutement d'enfants dans le cadre d'un conflit depuis le début du recensement mondial des données en 2005.

Propagation des maladies

Dans la province du Sud-Kivu, le système de santé est complètement saturé : les hôpitaux sont débordés, tandis que des pénuries de médicaments et d’équipements se font ressentir. Quinze centres de santé ont été presque totalement détruits et des épidémies de choléra, de rougeole et de mpox (variole du singe) frappent les populations, exacerbées par des conditions sanitaires déplorables.

En 2025, la RDC est confrontée à la plus grave épidémie de choléra depuis 25 ans. À la mi-décembre, 17 des 26 provinces sont touchées (dont Kinshasa), plus de 71.000 cas ont été signalés (dont 14.818 enfants) et l'épidémie a déjà fait plus de 2.000 victimes. Dans des régions telles que Kinshasa, où la population a été peu exposée au choléra par le passé, le faible niveau de sensibilisation à la maladie et les retards dans la recherche de soins contribuent à des taux de mortalité élevés.

La crise est également aggravée par des facteurs structurels et environnementaux : l'accès limité à l'eau et à l'assainissement continue de favoriser la propagation du choléra. Selon l'enquête démographique et sanitaire (EDS), seuls 15 % de la population ont accès à ces services de base. Les conflits persistants, les déplacements de population, l'insécurité dans l'est du pays et les catastrophes climatiques telles que les fortes pluies et les inondations aggravent également la situation.

En réponse à cette épidémie, le gouvernement a lancé l'initiative 'River Congo without cholera' (Le fleuve Congo sans choléra), qui vise à améliorer les mesures de contrôle du choléra dans les ports, à mettre en œuvre des plans sanitaires pour les bateaux, à sensibiliser les équipages et les passager·ères et à améliorer l'accès à l'eau potable le long du fleuve.
 

Violences sexuelles en hausse

Un récent rapport publié par l’UNICEF, que vous pouvez télécharger dans cet article, atteste qu’en RDC la violence sexuelle contre les enfants est endémique, systémique et en aggravation.

Bien que le conflit reste un facteur majeur, les cas sont documentés dans des communautés de toutes les provinces et ont fortement augmenté depuis 2022. Les données indiquent que plus de 35.000 cas de violences sexuelles contre des enfants ont été enregistrés au cours des neuf premiers mois de 2025, révélant une crise qui ne cesse de s’intensifier.

En 2024, près de 45.000 cas ont été recensés, représentant près de 40 % de l’ensemble des violences sexuelles signalées, soit trois fois plus qu’en 2022. À noter que le chiffre réel est probablement bien supérieur en raison de la sous-déclaration liée à la peur, à la stigmatisation, à l’insécurité et au manque d’accès aux services.

La majorité des cas se concentre dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, où le conflit, les déplacements et l’effondrement des systèmes de protection accroissent les risques, mais des chiffres significatifs sont également observés à Kinshasa et dans le Kasaï, où la pauvreté, l’insécurité alimentaire et l’abandon scolaire augmentent le risque d’exposition (plus particulièrement) des filles à l’exploitation et au mariage précoce.

Entre 2022 et 2024, le nombre d’enfants aidé·es par l’UNICEF a augmenté de 143 %, atteignant plus de 24.200 enfants dans les provinces les plus touchées en 2024. L’insécurité et la baisse des financements mondiaux ont cependant contraint de nombreux espaces sûrs, cliniques mobiles et programmes communautaires à réduire leurs activités ou à fermer. À la mi-2025, seulement 23 % des interventions contre les violences basées sur le genre étaient financées, contre 48 % en 2022, mettant en danger des centaines de milliers d’enfants, dont 300.000 dans les régions orientales affectées par le conflit.


Impact sur l’éducation

Dans ces régions, l'éducation a également été gravement affectée. On estime à 391.015 le nombre d'élèves qui ne sont actuellement pas scolarisé·es, tandis que 15,4 % des écoles restent fermées en raison du conflit. Rien qu’à Bukavu, 19 écoles se sont transformées en refuges temporaires pour les familles déplacées. Ce qui met en évidence le besoin urgent de solutions alternatives pour soutenir l'éducation, mais aussi les besoins humanitaires.

L'UNICEF et ses partenaires travaillent dans le Sud-Kivu pour rouvrir les écoles, plaident pour le déminage et évaluent les infrastructures endommagées pour une réhabilitation rapide. Jean François Basse, représentant d’UNICEF RDC, a visité la région début mars 2025 et a témoigné de la situation désastreuse pour les enfants : « J'ai rencontré des enfants non accompagné·es qui ont tout perdu. Leur détresse est immense. Chaque jour sans une aide humanitaire renforcée, leur souffrance s'aggrave. »
 

Ce que fait l'UNICEF sur place

  • Nous réunissons les enfants non accompagné·es avec leurs familles et leur apportons un soutien psychosocial à travers des espaces d’écoute dédiés ;
  • 700.000 personnes, dont 364.000 enfants, ont quotidiennement accès à de l’eau potable ;
  • Au Sud-Kivu, des stations de traitement de l’eau permettent de fournir une eau sûre en quantité suffisante ;
  • Nous contribuons également à la lutte contre le choléra et le mpox en apportant des soins médicaux, une aide nutritionnelle et un soutien psychosocial ;

L'UNICEF appelle à une meilleure protection des populations civiles et à un accès renforcé de l’aide humanitaire.
 

Vous souhaitez en apprendre davantage sur les crises humanitaires et leur lien étroit avec les droits de l'enfant ?

Écoutez le troisième épisode de notre podcast « Parlons-en ! »


Rapport_RDC_FR

Les cicatrices cachées du conflit et du silence : Violences sexuelles contre les enfants en RDC (2022-2025)

Année de publication : 2025

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