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Mise à jour : 1er avril 2026
Depuis fin décembre 2025, la violence a de nouveau escaladé dans le nord et le centre du Soudan du Sud. Rien que dans l'État de Jonglei, au moins 280.000 personnes ont été déplacées. La majorité d'entre elles sont des femmes et des enfants, cherchant refuge dans des camps où les services de base sont quasi inexistants. D'autres vivent sans protection ni soutien. On estime que 53 % des personnes déplacées sont des enfants. Pour beaucoup, il s'agit déjà du deuxième ou troisième déplacement.
Un ordre d’évacuation a été émis le 6 mars dans la ville d’Akobo, dans l’État de Jonglei. Environ 100.000 personnes ont traversé la frontière vers l’Éthiopie, tandis que d’autres se sont déplacées vers des zones plus sûres du Jonglei et de l’Upper Nile. L’hôpital d’Akobo, autrefois un lieu sûr pour les malades et les blessé·es, a été entièrement évacué, pillé et fermé.
Menace de famine
Selon le rapport de l'IPC (Integrated Food Security Phase Classification) du 4 novembre 2025, plus de la moitié de la population – soit environ 7,5 millions de personnes – devrait être confrontée à une crise alimentaire ou à une famine grave entre avril et juillet 2026. Dans tout le Soudan du Sud, 2,3 millions d'enfants sont actuellement exposé·es à un risque de malnutrition aiguë. Rien que dans les États de Jonglei, Unity et Équatoria-Oriental, cela concerne environ 825.000 enfants. Sans traitement, un·e enfant souffrant de malnutrition aiguë a 12 fois plus de risques de perdre la vie.
Au début de l'année 2026, plus de 6.000 enfants étaient traité·es pour malnutrition aiguë dans l’État de Jonglei, soit une hausse de 60 % par rapport à 2025. Des évaluations récentes indiquent qu’un quart des enfants de moins de cinq ans sont en malnutrition aiguë, dont 7 % en forme sévère, un taux largement supérieur au seuil d’urgence.
La situation la plus préoccupante concerne environ 28.000 personnes dans les provinces de Luakpiny/Nasir et Fangak, qui se trouvent dans une famine catastrophique (phase 5 de l'IPC), la catégorie la plus élevée. Dans le sud du comté de Luakpiny/Nasir, la situation est aggravée par la persistance du conflit et l’accès limité à l’aide en raison des inondations et des épidémies.
Aggravation de la crise
La violence persistante, les déplacements massifs, l’accès restreint à l’aide humanitaire, mais aussi une crise économique profonde, les chocs climatiques et la capacité décroissante des populations à y faire face contribuent à aggraver encore les niveaux de famine. À noter que la dernière déclaration de famine au Soudan du Sud date de 2017. L'accès humanitaire reste actuellement l'un des principaux défis.
Les enfants sont non seulement confronté·es à la faim, mais aussi à la violence, au recrutement par des groupes armés, à la séparation d'avec leur famille et à la violence sexiste. L'impact psychologique de cette crise les marquera pendant des années. Dans de nombreuses régions, l'insécurité, les pillages et les inondations ont isolé des communautés entières pendant des mois. L'aide et le soutien vitaux ne peuvent donc pas leur parvenir.
Dans le même temps, l'épidémie de choléra s'aggrave : depuis janvier 2026, 479 cas ont été signalés, dont 125 dans l'État de Jonglei. Les services de santé, surchargés et en sous-effectif, ont du mal à répondre aux besoins. 28 structures de santé et de nutrition ont également été détruites, pillées ou contraintes de suspendre leurs activités dans le Jonglei.
Ce que fait l'UNICEF sur place
Malgré les défis d’accès, l’UNICEF et ses partenaires intensifient leur réponse humanitaire. Depuis janvier, 220 tonnes de fournitures vitales ont été acheminées dans les zones touchées du Jonglei pour soutenir la santé, la nutrition, l’eau, l’assainissement et la protection de l’enfance.
- Nous dépistons et traitons les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ;
- Nous distribuons de la nourriture, des suppléments nutritionnels et des soins d’urgence aux mères et aux enfants ;
- Nous assurons l’accès à l’eau potable et aux services de santé, y compris dans les zones touchées par le choléra ;
- Nous mettons en place des services de soutien psychologique et de protection de l’enfance pour les enfants déplacé·es.